Sandrine Dogor-Such (RN), députée, membre de la Commission des Affaires Sociales, communique :
–“Hier, l’Assemblée nationale a définitivement adopté la proposition de loi instaurant un droit à l’aide à mourir. Je déplore avec une profonde gravité l’adoption de ce texte, qui marque une rupture majeure avec les principes qui ont jusqu’à présent fondé notre politique de santé et notre pacte de solidarité envers les personnes les plus fragiles
Depuis près de quatre ans, je me suis engagée sans relâche contre la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté. Tout au long des travaux parlementaires, j’ai défendu une autre vision de la fin de vie : une société qui accompagne, qui soigne, qui soulage, mais qui ne donne pas la mort.
Malgré les alertes répétées des soignants, des juristes, des associations de personnes en situation de handicap et de nombreuses familles, la majorité parlementaire a choisi d’ouvrir une voie dont chacun sait qu’elle sera difficile à refermer.
Les garanties présentées comme des garde-fous ne sauraient dissiper les inquiétudes. L’expérience de nombreux pays ayant légalisé l’aide à mourir démontre que les critères d’accès tendent, au fil du temps, à s’élargir. Cette dynamique interroge profondément notre conception de la dignité humaine et de la protection des plus vulnérables.
Alors que des millions de Français demeurent confrontés à des difficultés d’accès aux soins palliatifs, que les unités spécialisées sont insuffisantes et que les inégalités territoriales persistent, le choix du Gouvernement et de la majorité n’a pas été de faire de l’accompagnement de la fin de vie une priorité absolue. Beaucoup de nos concitoyens demandent avant tout de ne pas souffrir, de ne pas être seuls et de bénéficier d’une prise en charge digne jusqu’à leur dernier souffle.
Je reste convaincue que la véritable réponse à la détresse ne réside jamais dans l’organisation de la mort, mais dans le développement massif des soins palliatifs, le soutien aux proches aidants, la lutte contre l’isolement et l’amélioration de l’accompagnement médical, psychologique et social.
Ce vote constitue une défaite pour tous ceux qui défendent une médecine exclusivement tournée vers le soin et la protection de la vie. Il nous oblige plus que jamais à poursuivre notre engagement afin que cette nouvelle législation soit appliquée avec la plus grande vigilance et que les soins palliatifs deviennent enfin une priorité nationale.
Les événements de ces derniers jours confirment les profondes inquiétudes que suscite ce texte. Deux saisines ont été engagées, tandis qu’Agnès Buzyn, Aurore Bergé et le professeur Didier Sicard ont publiquement exprimé leurs réserves. On peut être favorable au principe d’une réflexion sur la fin de vie tout en refusant un texte déséquilibré, aux garanties insuffisantes. Enfin, la communication du CESE célébrant la « victoire » de l’aide à mourir renforce le sentiment que l’issue de ce débat était écrite d’avance.
Je continuerai, avec la même détermination, à défendre les plus fragiles et à porter la conviction qu’une société véritablement humaine se mesure à la manière dont elle accompagne les personnes les plus vulnérables, jamais à la facilité avec laquelle elle renonce à les protéger”.
Sandrine Dogor-Such, députée des Pyrénées-Orientales

