C’est l’un des feuilletons (préférés) de l’été, mieux encore qu’une émission de téléréalité : le départ entériné du restaurant « Les Grands Buffets » de Narbonne, dans l’Aude, pour… ? Plusieurs pistes d’atterrissage sont régulièrement entretenues dans certains médias qui s’en délectent au quotidien, tout en donnant de notre région – inconsciemment ou sciemment ? -, une image déplorable, presque malsaine, proche en tout cas de celle du Far West (juste au plan économique on vous rassure), après la guerre de Sécession entre le Nord (l’Aude) et le Sud (les P-O) de l’Occitanie ! 

 

A quoi joue Louis Privat ?… le fondateur et incontestable (c’est incontesté) success man, à la tête d’une si belle entreprise locale, qui plus est à la réputation (inter)nationale : les fameux « Grands Buffets » à Narbonne, célèbre et (presque) incontournable restaurant, dont la pause gourmande s’impose sur la route des vacances et l’autoroute du bizness européen.

On enlèvera pas à Louis Privat son sens inné des affaires, et de toutes façons là n’est pas l’objet de la polémique naissante, dans laquelle les élus politiques et économiques toutes tendances politiques confondues – air (re)connu « La table est l’entremetteuse de l’amitié », ou encore… « A table comme en amour, le changement donne du goût » -, à commencer par la présidente de la Région Occitanie/ Pyrénées-Méditerranée, Carole Delga herself, se sont précipités, jetés, à pieds joints, pour prendre partie dans l’implantation « ailleurs qu’à Narbonne » du futur projet de Dom Privat, comme on le surnomme désormais du côté de Baixas.

Revenons à notre plat du jour. Grâce à Louis Privat, si l’on en croit la turlutte médiatique, côté référence indestructible : l’enseigne « Les Grands Buffets » serait à Narbonne ce que le clocher est à Collioure, le banyuls à Banyuls-sur-Mer, l’Homme « de… » à Tautavel, l’escargot à Bompas, Alain Ferrand au Barcarès, etc.-etc.

Suite à une mésentente, à une fâcherie, entre le maire de Narbonne et le P-DG Louis Privat, ce dernier aurait donc lancé l’idée et décidé de déménager, d’aller voir ailleurs où, comme chacun sait, l’herbe est toujours plus verte, même par ces temps de sècheresse historique. En dépit de l’insistance quotidienne des journaux locaux sur le sujet, force est de constater que les épisodes successifs de ce feuilleton estival ne nous servent que les contours de ladite brouille, du désaccord à l’origine de la décision de Louis Privat de fuir Narbonne.

De même qu’on ne sait toujours pas grand, chose hors les grandes lignes dévoilées jusqu’ici, du projet de Dom Privat : reconstruire l’ambiance des « Grand Buffets » à Perpignan ou à Carcassonne, à Rivesaltes ou à Limoux, à Béziers ou à Leucate ?  Implanter sur un même site plusieurs enseignes ? Créer un parc d’attractions autour de la gastronomie régionale ?… No sabe !

Mais les élus continuent de tirer la couverture à soi ; c’est à chacun d’entre eux qui offrira la plus envieuse installation sur un plateau d’argent. Dom Privat mire la construction de son pont d’or. Car, à ce jeu-là, un maire finira bien par lui donner les quinze hectares de terres nécessaires pour planter son projet, accompagnés de la Médaille de la Ville…

Cela dénote surtout, également, du peu d’ambitions et de projets de la part de nos (très) Chers et tendres décideurs politiques locaux, s’agissant de porter une réflexion unie et mobilisatrice sur le développement de notre territoire, et ce afin de le rendre économiquement plus attractif. On est loin du compte. Ou plutôt le compte n’y est pas. Sauf, peut-être, pour Louis Privat, qui lui a tout compris en jouant, en misant (involontairement) les uns contre les autres, voire les uns sur les autres, faisant figure de coureur de dot à chaque entracte.

 

L.M.