(Communiqué)

 

-“Depuis près de deux ans, les mobilisations agricoles se succèdent pour dénoncer l’accumulation de normes, de réglementations et de contrôles qui entravent la capacité productive de notre agriculture

 

La loi Duplomb-Menonville avait apporté un début de réponse et suscité un espoir politique chez les agriculteurs engagés dans ces mouvements. La censure partielle du Conseil constitutionnel, fondée sur une interprétation extensive de la Charte de l’environnement, ainsi que l’opposition affichée et persistante d’une partie de la classe politique de gauche, ont profondément altéré la confiance du terrain.

Alors que les mobilisations ont repris depuis près de deux mois sur l’ensemble du territoire, le monde agricole dresse aujourd’hui un constat amer : les signaux envoyés par l’État ne traduisent aucun changement de cap !

La nomination d’Anne Le Strat au poste de directrice déléguée de l’Office français de la biodiversité (OFB), fonction stratégique, est perçue comme un nouvel affront par notre syndicat et pour de nombreux agriculteurs.

La Coordination Rurale reproche le fait que des postes de direction au sein d’agences publiques majeures puissent être confiés à des personnalités identifiées pour leur engagement militant. Une telle décision soulève, selon nous, une question essentielle de neutralité dans l’application des politiques publiques.

Notre syndicat dénonce l’infiltration progressive de nos élites administratives par des militants porteurs de projets idéologiques, une dérive qui entache la neutralité du service public et contrevient au devoir de réserve qui devrait s’imposer à tout agent public.

Sans écoute de nos alertes adressées au Premier ministre, Sébastien Lecornu, lors des rencontres à Matignon en décembre puis début janvier, cette nomination intervient dans un contexte de tensions déjà fortes entre l’OFB et les exploitants. Sur le terrain, l’OFB est souvent perçu comme une « police de l’environnement », associée à des contrôles jugés excessivement contraignants.

Compte tenu des positions publiques défendues par Mme Le Strat au cours de son parcours, cette nomination est vécue par de nombreux agriculteurs comme une provocation inacceptable susceptible d’attiser encore la colère plutôt que de favoriser un climat d’apaisement et de dialogue.

Pour l’ensemble de ces raisons, la Coordination Rurale s’oppose fermement à cette nomination et appelle les autres organisations syndicales agricoles, notamment la FNSEA, à soutenir cette position auprès du Gouvernement.

Au-delà de cette décision, la Coordination Rurale rappelle que l’OFB, comme d’autres agences et opérateurs de l’État, est régulièrement à l’origine de contraintes administratives et réglementaires qui pèsent sur la production agricole française.

Notre syndicat demande la suppression de l’OFB et plus largement une réforme en profondeur des missions des agences et opérateurs de l’Etat, afin de redonner des marges de manÅ“uvre à l’agriculture, de rationaliser la dépense publique et de soutenir l’investissement ainsi que la compétitivité de nos exploitations”.

 

La Coordination Rurale