Ce lundi 26 janvier 2026, en fin d’après-midi, se tenait le Conseil communautaire de Perpignan Méditerranée Métropole (PMM). Parmi les interventions du jour dans l’hémicycle de l’Hôtel de l’Agglo, boulevard Saint-Assiscle à Perpignan, celle de Jean Vila (PCF), 84 ans, ex député-maire de Cabestany, entr’autres mandats électifs, était bien évidemment très attendue… et elle fut très remarquée !

 

Ci-dessous, l’intégralité du discours de Jean Vila, conseiller communautaire, prononcé ce lundi 26 janvier 2026 :

 

-“Lors des débats du conseil communautaire du 27 octobre, je demandais une nouvelle fois à Alain Dario, notre ministre des Finances, de faire le point sur les dossiers des zones économiques, du pôle nautique de Canet-en-Roussillon et de Technosud à Perpignan, de connaître les comptes d’exploitation de la gestion, et les montants des déficits que je considère comme des aides aux entreprises et présentés comme tels lors de nos débats. Déficits payés par le budget général, c’est-à-dire par l’ensemble des communes.
Rappeler aussi que tous ces dossiers, nous les avons votés et ils ne nous posaient aucun problème.

Je le précise une nouvelle fois, car trop souvent, il était dit par certains que nous étions contre ces zones économiques, absolument pas. Bien au contraire. Tout ce qui est fait pour créer des emplois, nous ne pouvons que l’approuver, surtout dans un département comme le nôtre, champion de France du chômage et de la pauvreté.

La réponse à nos interrogations est toujours la même depuis trois ans, tu l’auras en juin !

Je pense sincèrement qu’Alain Dario (ou notre président) disait la vérité et qu’effectivement, lors de la préparation des budgets, nous avons apprécié la grande disponibilité des services et l’implication d’Alain. Que notre demande de transparence puisse être satisfaire par la qualité de nos agents mais aussi, grâce et avec les outils de suivi budgétaires actuels.

Juin est passé et toujours rien. C’est peut-être en juin prochain, 2026, et dans les débats je rappelais qu’en juin 2026, je ne serai plus élu.

Mon interrogation ? L’on nous cache peut-être quelques inégalités, découvertes dans le travail de recherche en cours et le montant de ces aides est très élevé ?

C’est aussi pour ces raisons que j’ai déposé un dossier à la Commission d’Accès aux Documents Administratifs (la CADA), pour nous aider à avoir les documents et transparence que nous souhaitons ?

La CADA m’a accusé réception du dossier, mais à ma demande où en était ce dossier ? Réponse, ce dossier a été égaré !

Un nouveau dossier a été envoyé, et pour justifier notre demande, il est accompagné de 13 de mes interventions ou débats en Conseil communautaire, des bureaux, des conférences des maires, accompagnés de notre texte à la tribune du groupe progressiste de notre dernier magazine de PMM, en cours de distribution.

Je vais également informer de cette situation « de perte de documents » par la CADA, notre sénatrice (NDLR Lauriane Josende), dont Alain est le suppléant, pour avoir quelques explications, car elle est membre de cet organisme.

Donc, en juin prochain, je ne serai plus là, mais je voudrais rappeler les premiers efforts de transparence financière que notre président, Robert Vila, a engagé et tous les premiers documents publics qui confirment tous nos écrits sur certains fonctionnements.

Mais, si vous le permettez, un rapide retour en 2011, lors de notre intégration forcée et illégale, comme cela l’avait été en 2001 mais rejeté par le Conseil d’Etat.

J’ai connu trois présidents : Jean-Paul Alduy, Jean-Marc Pujol et Robert Vila.

Jean-Paul Alduy, une gestion municipale et de l’Agglo marquée par un fort endettement, qui pénalise encore aujourd’hui, nos budgets.

Une des solutions pour résoudre ces problèmes de déficit de ses budgets (mairie et Agglo), a été sa volonté de nous intégrer dans l’Agglo et je vous vous lire sa déclaration dans la presse, notre quotidien du 12 décembre 2002, sous un titre déjà éloquent, avec la photo de quelques maires de l’époque : Communauté d’Agglomération « Cabestany est indispensable »

Nous avons pris un certain nombre d’engagements pour ce qui concerne les transferts de compétences, les dotations, les postes de vice-présidents. Si Cabestany dit non, ce serait un malheur. Je le dis, Cabestany est indispensable.

C’est ainsi que, sans doute sous une pression politique, que le préfet en place, Jean-Jacques Debacq, en dehors de toute règle administrative, nous intègre de force en 2002, en modifiant le périmètre de l’Agglo, sans commission de CDCI.

Nous sommes allés en justice, et le Conseil d’Etat nous a donné raison et pas d’adhésion forcée à l’Agglo.

Ce préfet ne sera plus préfet et plus tard, il devra démissionner de sa nouvelle responsabilité pour certains manquements.

Mais la volonté de Jean-Paul Alduy d’intégrer Cabestany pour les raisons évoquées, va hanter sa vie d’élu et il va perpétuer toute une série d’actes illégaux pour notre intégration. J’ai publié toutes ces péripéties* et personne n’a pu les contester.

Mais rappeler tout simplement que le Préfet Delage, en fonction à cette date, a pris l’arrêté du 28 décembre (Fête des Innocents) pour application trois jours après, le 1er janvier 2011.

Beaucoup de préfets, face à une telle situation, ont réagi de façon différente et ont pris les arrêtés d’intégration mais avec une application en janvier 2014, où la loi impliquait qu’aucune commune ne pouvait être isolée.

Dire aussi que la pression politique sur le préfet a été très certainement forte.

Rappeler également que cette intégration forcée s’est faite avec le consentement des élus de la Communauté Urbaine (CU).

Je me dois de rappeler aussi que nous n’étions pas contre l’adhésion à l’Agglo, mais à certaines conditions, que cette adhésion soit librement consentie et mutuellement avantageuse.

Cela est tellement vrai que dès notre intégration forcée en 2011, je déclarais lors de ma première intervention : « que nous prendrons toute notre place dans l’Agglo, toute la place que l’on nous accordera. Avec une grande ambition, celle de faire de la coopération intercommunale avec bien sur et en priorité, la participation des citoyens, des habitants de l’Agglo ».

Mais la pratique de Jean-Paul Alduy et d’autres a été toute autre.

L’établissement public de coopération intercommunale était devenu un « établissement public de copinerie intercommunale ».

L’Agglo était un tiroir-caisse actionné pour faire plaisir, elle saupoudrait de deniers publics dans les projets d’amis politiques, sans réelle vision cohérente et dynamique du territoire.

Dans les domaines de l’immobilier d’entreprise, des zones d’activités économiques, la gestion aura été très approximative, en dehors des réalités.

C’est d’ailleurs à cette époque qu’ont débuté les travaux du pôle nautique, c’est pour cette période qu’aujourd’hui, les travaux pour la transparence financière se heurtent à des zones d’ombre et retardent sans doute les conclusions du travail engagé par les services.

Une situation financière de la Ville de Perpignan que je dirais en état de faillite, n’était jamais à l’ordre du jour de nos débats.

C’est vrai que certains élus, aujourd’hui présents, assistaient à la conférence des maires autour du petit-déjeuner, juste au-dessus, où Jean-Paul intervenait en prenant les 2/3 du temps pour évoquer la situation en Catalogne, ou encore l’arrivée du TGV en gare de Perpignan, TGV qui devait être le moteur de la relance de notre économie par les barcelonnais et dont la publicité autour de son arrivée nous a coûté très cher.

Ce train est arrivé, rien ne s’est passé comme prévu. Si cette ligne a fait faillite et a été reprise, ce ne fut pas le succès escompté, tout comme le Centre du Monde, racheté par le propriétaire d’aujourd’hui où nous sommes sans doute le locataire le plus important.

A cette époque, Jean-Paul avait eu une idée lumineuse, y installer tous les services de l’Etat. Mais les services préfectoraux acceptent, si telle est la volonté du président, à condition que l’Agglo rachète tous les bâtiments de l’Etat. Proposition qui fut vite enterrée.
Jean-Marc Pujol, suite aux élections de 2014, devenait maire de Perpignan, et ensuite Président de l’Agglo, et sur l’héritage de ses mandats, fit deux déclarations dans la presse avec honnêteté et courage politique.

Le premier, le 18 octobre 2001, en répondant à une journaliste sur l’endettement de la ville.

Oui, c’est vrai, nous sommes la quatrième ville la plus endettée de France.

Et quelques années plus tard, président du conseil communautaire, à la veille de la transformation de l’Agglo en CU, il nous informe en conférence des maires de demi-milliard de dette et une menace de cessation de paiement.

C’est ainsi que la ville de Perpignan, super endettée depuis des décennies a réussi, par la « mutualisation des services » à transférer une grande partie de son fonctionnement à la CU, qui elle-même très endettée, a transféré vers les trente-six communes, une grande partie de ses charges dites de structures très élevées.

C’est aussi pendant le mandat de Jean-Marc Pujol qui, sous l’impulsion d’un vice-président parlementaire, va faire une grave erreur, celle d’avoir pensé que le passage d’Agglo en CU allait produire une manne financière supplémentaire au 1er janvier 2016 avec des dotations nouvelles. Mais en réalité, l’absorption de compétences supplémentaires a engendré de nouvelles dépenses que l’on n’avait pas mesurées, si bien que les déficits se sont creusés et qu’il a fallu les combler par l’emprunt.

Et d’après les rumeurs qui circulent sur les prochaines élections, ce même parlementaire, sénateur pour être plus précis, se verrait très bien Président de la CU. Son passé n’est pas une garantie pour l’avenir.

En 2020, Robert Vila est élu Président. On note les efforts qui sont faits, pour appuyer les dynamiques, pour soutenir les communes de façon plus juste, surtout plus transparente.
Vous connaissez l’attachement de notre groupe à cette transparence financière, attachement et impatience qui, je crois, sont de plus en plus partagés.

Robert Vila, alors vice-président dans le mandat précédent, avait manifesté son soutien à la transparence et ne manquerait pas de soutenir certaines de nos propositions. Ce qui m’a fait dire, cher Robert, que dans ton sang circulent parfois quelques gènes progressistes dont tu connais la provenance.

Aujourd’hui, cette volonté de transparence est devenue réalité, et fait grincer des dents à certains élus qui avaient organisé ce système de copinage politique.

Cela dérange et certains sont prêts à te le faire payer Cash par des votes sanctions, comme lors du vote sur la démutualisation que nous partagions.

Tout comme l’excellent rapport de Philippe Fourcade sur les enjeux budgétaires autour de la voirie, qui a rappelé toutes les largesses faites à certaines communes pendant des années.

L’on comprend mieux certains grincements de dents car ce système de copinage ne tient plus, dans une transparence qui doit permettre d’établir plus de justice, d’égalité et au final grandira la communauté urbaine.

La transparence sur les zones économiques, malgré les difficultés, doit voir le jour. Alain Dario et le président sont des hommes de parole. Je leur fais confiance pour que nous aboutissions à une conclusion que fera l’honneur de la CU.

Je ne serai plus là, mais je ne quitte pas la vie politique.

Nous avons quelques avancées sur nos demandes de transparence financière que les prédécesseurs avaient refusé.

Ne nous décevez pas, de prochaines élections se dessinent. Ce point sera toujours à l’ordre du jour.

Pendant la préparation des dernières élections, d’autres engagements avaient été pris, que toutes les sensibilités politiques et tous les groupes soient représentés à l’exécutif, aux vice-présidences. Cela n’a jamais été le cas et cette discrimination politique a continué et aujourd’hui encore, tous les maires de la 1re couronne, même au-delà sont tous vice-présidents, sauf une, vous l’aurez compris, Cabestany, malgré l’accord politique conclu à Saint-Estève, la veille de l’installation de notre assemblée.

La participation de nos habitants à la vie politique, aux débats de la CU n’existe pas, c’est dommage pourtant, il est nécessaire de connaître leur avis. Si cette volonté est forte de notre part, il faut que cela devienne réalité. Dans nos communes, lorsqu’il s’agit du budget et de futurs investissements, nous consultons nos habitants. La démocratie participative doit en être le moteur, notre magazine peut aussi jouer ce rôle.

Le débat sur les services publics est plus que jamais important, les transports, le bus gratuit, le réseau amélioré séduisent les usagers.

Toutes les collectivités qui l’ont mis en place, sont elles-mêmes surprises des résultats, l’objectif est de changer la manière de se déplacer des habitants, en leur redonnant du pouvoir d’achat. C’est beaucoup plus de passagers et beaucoup moins de voitures dans nos villes, souvent très embouteillées, manque de parking et moins de voitures, c’est moins de pollution.

De plus en plus d’Agglo, de CU, font le choix d’une régie de l’eau et de l’assainissement. Toutes les expériences connues ont les mêmes conclusions, un très bon service avec une baisse notable des factures pour les utilisateurs.

Pourquoi une telle obstination à ne pas gérer ce qui peut l’être par nos moyens. Peut-être la composition politique marquée très à droite de notre assemblée en est l’une des raisons.
Ces débats sur les services publics sont l’occasion d’en débattre dans notre hémicycle où nous pouvons avoir comme intervenant des élus des collectivités qui en ont fait l’expérience.

Je suis prêt à vous aider pour inviter les élus de ces collectivités.

Débat aussi qui serait nécessaire, c’est celui que nous pourrions avoir avec le monde économique de notre territoire.

Est-ce une fatalité que notre département soit le champion du chômage et de la pauvreté ?

Les écouter, débattre ici en séance privée devrait permettre de trouver quelques solutions.
C’est vrai que l’augmentation réelle du pouvoir d’achat, et personne n’en doute, serait une relance de la consommation et des productions.

Mais je ne peux terminer mon intervention sans dire un mot sur le premier acte du budget voté sans débat, par le 49.3.

Oubliées toutes les promesses du Premier Ministre de redonner le pouvoir à l’assemblée. Ce sont trois mois de perdus, et un renoncement à tous les discours de ce Premier Ministre qui ne finira peut-être pas l’hiver.

Ce premier acte du budget est un musée des horreurs, austéritaire, qui pour réaliser 30 milliards d’euros d’économie, le fait au détriment des plus modestes, et d’un nombre important de suppressions d’emploi, comme par exemple, à France Travail, moins 560 postes, logements moins 108 millions (sur APL).

Cette mesure va affecter plus de deux millions de ménages, mais aussi les étudiants. La rénovation des logements, moins deux cents millions.

Mais aussi les communes, intercommunalités, départements et régions pour contribuer à l’effort national de 4,7 milliards.

Rappeler aussi que lors des débats, le RN a fait adopter un amendement pour taxer les collectivités de cinq milliards supplémentaires, amendement adopté grâce à une très faible présence d’élus.

Des coupes au mépris de l’environnement et du climat, etc.

Pour trouver ces trente milliards, il fallait les prendre à tous ceux qui ont trop longtemps bénéficié des largesses de l’Etat.

Le rapport de la commission d’enquête du Sénat sur les aides aux entreprises, six mois de travail, 1 500 pages en trois tomes, est éloquent. Deux cents onze milliards auxquels il faut ajouter quatre-vingt à cent milliards de fraude et d’évasion fiscale estimé par Bercy.

Le rapporteur de cette commission m’a fait parvenir le détail de ces 211 milliards.
Et ces jours-ci, nous apprenons par l’ancien ministre Eric Lombard, dans sa déclaration dans le journal Libération : « La Direction des Finances Publiques avait regardé parmi les personnes les plus fortunées que des milliers de très riches ont un revenu fiscal de référence Zéro ». Ils ne payent aucun impôt grâce à l’aide des holdings.

Au lieu de payer des charges sociales sur leur salaire, ils se font rémunérer dans les holdings. Ces mécanismes sont légaux mais injustes. Pour mieux comprendre : des multi-millionnaires et des milliardaires s’organisent pour échapper à l’impôt, l’administration dispose de données objectives attestant de l’ampleur du phénomène et ce gouvernement ne fait rien pour y remédier.

Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, déclare à l’Assemblée confirmer ce phénomène en précisant que certains ultra-riches étaient admissibles au « RSA ».

C’étaient quelques éléments qui prouvent qu’il est possible de trouver ces trente milliards, mais bien sûr, il faut cette volonté politique.

Pour conclure, quelques mots pour dire qui est le responsable de tout ce gâchis.
C’est le Président Macron, en décidant de dissoudre l’Assemblée Nationale et d’organiser de nouvelles élections législatives.

Le résultat est clair et édifiant. Le peuple français s’est exprimé et a placé en tête les forces de gauches.

Même s’il est vrai que la Constitution de la République Française est loin d’être parfaite, elle dit clairement que le Premier Ministre est nommé par le Président et choisi parmi le groupe politique arrivé en tête des élections.

Il a refusé la candidature de Lucie Castets. Candidate choisie par toute la gauche rassemblée, qui portait toutes les revendications et les solutions pour les satisfaire.

C’est dommage pour les Françaises et les Français, Michel Barnier, François Bayrou et Sébastien Lecornu n’ont rien réglé et comme d’habitude, font le choix du Président et du monde de la finance.

 

Jean Vila.