La publication du rapport de la Cour des comptes ce 27 février 2026 concernant la gestion de l’ONACVG suscite une profonde indignation. En qualifiant le dispositif de réparation en faveur des Harkis et de leurs familles d’« inflationniste », les magistrats financiers réduisent une tragédie historique et un manquement fondamental de l’État français à une simple dérive comptable

 

Cette lecture purement gestionnaire est inacceptable. Si le nombre de bénéficiaires et le volume financier du dispositif augmentent, ce n’est pas le fruit d’une « inflation » pernicieuse, mais le résultat d’un réveil douloureux. C’est la traduction concrète de décennies de silence, de l’élargissement tardif — et toujours incomplet — de la reconnaissance par l’État des camps de transit et des hameaux de forestage, et de la
complexité extrême des démarches administratives imposées aux familles.

L’imprécision des bases de données de l’ONACVG, pointée par la Cour, ne saurait être imputée aux victimes. Elle est le symptôme de l’incapacité chronique des pouvoirs publics à documenter, regarder en face et assumer pleinement leur histoire.

Le droit à la réparation n’est pas un guichet de complaisance ; c’est une exigence de justice née de condamnations juridiques et d’une loi de la République (loi de 2022). Une dette d’honneur ne s’évalue pas à l’aune d’un plafond budgétaire. Nous appelons le Gouvernement et les parlementaires à réaffirmer que la dignité et la réparation intégrale des Harkis prévalent sur les logiques de rationalisation financière.

Djelloul Mimouni
Président de l’Association « Harkis Citoyens Français »