“Aujourd’hui un peu avant midi, je suis allé en mairie de Port Vendres pour faire part d’un problème de salubrité.

En effet un tuyau plastique des eaux vannes est complètement démanché ce qui occasionne que l’eau des toilettes (et ce qui l’accompagne) se répand sur la chaussée et bien entendu à l’emplacement des containers à ordures, lieu très fréquenté en cette période estivale.

Cela fait environ un mois que le problème dure et personne en est informé au bureau de la responsable technique de la mairie. C’est-à-dire que les personnes qui vident les containers à ordures n’ont rien vu et rien signalé…

J’ai été reçu aimablement par cette personne qui a évacué le problème vers la communauté de communes Albères/ Côte Vermeille/ Illibéris, qui normalement est en responsabilité des eaux vannes. Bref, ce n’est pas la responsabilité de la commune de Port Vendres.

Sur l’instant j’ai été extrêmement surpris, mais il semble que cette réponse est erronée parce que le tuyau n’est pas enterré il est simplement contre un mur donc apparent et sur le domaine de la commune.

Bien entendu ce n’est pas fini, ce tuyau descend du bureau des douanes donc là encore surgit un nouveau dilemme cauchemardesque qui ferait que le bureau des douanes serait responsable.

Il est évident qu’il n’est plus question de salubrité mais de la propriété du tuyau et de l’énorme responsabilité qui en découle.

En attendant, le contribuable est mis à contribution dans l’attente de l’arbitrage final.

J’ai eu la révélation et dans le halo de lumière m’est apparu, la vérité sur le Brexit.

Au travers des péripéties de notre tuyau, le miroir de l’Europe s’est révélé, des débats à n’en plus finir, le je m’en foutisme général, la dissolution de la responsabilité à l’image de la boisson de chez Ricard, la fuite en pratiquant la digression et pas de pilote dans l’avion.

Ce tuyau si plein de matières desséchées illustre assez bien la relation entre l’élu et ce peuple toujours demandeur et a prendre avec des pincettes, nécessitant avant l’approche, la tenu vestimentaire de rigueur dans le bloc opératoire, au risque d’être contaminé derrière son bureau administratif par la lèpre de la pauvreté ou l’obligation de fournir un travail pour lequel il est rémunéré.

Donc le mieux c’est de laisser ce tuyau comme il est avec ses particularités comme l’odeur et la décoration pour le touriste au cas où il aurait besoin de l’image rassurante de ne pas habiter cet endroit.

Cette stabilité dans l’inaction n’est pas sans poser des problèmes, et celui qui me vient en premier est le devoir électoral, à savoir pour quelle raison faire preuve de civisme pour des gens qui n’ont pas la moindre parcelle de pouvoir  de décision.

Au crépuscule de ma vie, j’en viens à conclure que la meilleure posture est de ne plus mettre un seul bulletin valide dans toutes les urnes électorales que l’on pourrait bientôt nous présenter et qui sont devenues au vu des résultats plutôt funéraires.

Le résumé est que la politique de la patate chaude doit cesser, et au lieu de la donner à son voisin, la manger procurera satiété plutôt que famine”.

C. LAUSTRE