Comment peut-on rester insensible à l’actualité qui annonce le transfert des meilleurs vignobles de notre département vers de grands groupes de l’agroalimentaire ? Il est question, bien sûr, de la cave Arnaud de Villeneuve, du GICB de Banyuls et, aujourd’hui, de la SICA, ex-Vignerons Catalans. Pour bien comprendre cette situation, il serait utile de faire un peu d’histoire et de remonter au traité de Rome. C’est donc une conférence qui serait nécessaire. Nous nous contenterons de quelques lignes
C’est incontestable, nous assistons depuis quelques années au déclin de notre viticulture. Les premiers arrachages primés étaient le prélude d’une mort annoncée, mais pas pour tout le monde. Nous constatons aujourd’hui que les grands domaines sont bien là , avec la ferme intention de faire des profits sur la consommation des vins qui occuperont des créneaux juteux.
Faire place à des marchés juteux
En effet, le capital français est un capital fainéant. Il veut faire de gros profits le plus rapidement possible. Il fallait donc que les petites exploitations disparaissent. Pour cela, le jeu du revenu a été mis en place, avec le leurre de l’agrandissement pour produire plus. D’où les désherbants et compagnie, qui profiteront financièrement à de grands groupes. En parallèle, d’énormes sommes ont été investies pour promouvoir la consommation d’alcools forts et de bière.
La viticulture aussi a investi dans la vente de ses produits. Des sommes colossales sont parties en fumée, sans grands effets. Alors, la chanson est sortie : le goût du consommateur a changé. Et voilà la profession partie dans des changements de cépages et autre. Pendant ce temps, les revenus ont stagné et régressé jusqu’à la désespérance.
Jusqu’à la situation d’aujourd’hui où notre terroir est bradé et, disons-le, où les femmes et les hommes sont humiliés, culpabilisés parce qu’ils n’auraient pas su faire. Ce ne sont pas des médailles distribuées qui viendront apaiser ces humiliations et feront oublier ces situations.
L’omerta semble de rigueur
La question est posée. Avez-vous entendu des responsables politiques ou syndicaux venir s’offusquer de cette situation ? Les avez-vous entendus apporter au moins leur soutien, leur désarroi, et encore moins exprimer un semblant de colère ? Rien de tout cela. Tout donne à comprendre que tout était inéluctable. Pire ! Que tout était programmé de longue date. À cet effet, certains vignerons ont pu dire : “Si notre profession est condamnée, il faut nous le dire”. Jamais une réponse n’a été évoquée.
Il serait peut-être judicieux que tous nos élus, nos responsables syndicaux prennent leur bâton de pèlerin pour expliquer et surtout proposer des solutions alternatives.
Il en va de l’avenir économique du département.
Joseph Jourda

