La 5° édition des « Cogitations estivales prométhéennes » organisées en partenariat par l’AGAUREPS-Prométhée et La France Insoumise, se sont ouvertes ce mercredi 29 juillet à Thuir. C’est devenu la tradition que cet événement politique se fasse dans la capitale des Aspres, en plein milieu des vacances d’été. Le thème retenu cette année s’intitule « Hystérisation du débat politique et lutte des classes : de Jean Jaurès à Rosa Luxemburg »

 

Francis Daspe, par ailleurs président de l’AGAUREPS-Prométhée en plus de ses responsabilités à La France Insoumise dans les Pyrénées-Orientales, débutait son intervention à l’aide d’un diaporama retraçant les principaux jalons historiques et politiques de l’œuvre de ces deux militants dont la vie a été dévouée à la révolution sociale afin d’améliorer les conditions de vie des ouvriers. Ils y ont d’ailleurs laissé leur vie, le premier lâchement assassiné le 31 juillet 1914, la seconde sommairement exécutée le 15 janvier 1919.

« Ces deux événements tragiques témoignent des méthodes expéditives utilisées par les possédants dès lors qu’ils se sentent menacés dans leurs intérêts et leur pouvoir. Dans un contexte d’accroissement des tensions politiques poussées à leur paroxysme, ces réactions s’inscrivent dans une logique de lutte des classes », expliquait l’orateur. Le terme d’hystérisation n’est alors nullement excessif.

La mise en perspective avec la situation actuelle montre la résonance politique des pages d’histoire du début du XX° siècle. Des similitudes sont mises en avant par Francis Daspe dans la fin de son exposé, tout en veillant à éviter de verser dans l’anachronisme. L’objectif affiché est d’inciter à la réflexion sur les différentes stratégies en vue de la présidentielle de 2027. « Certaines des conditions du débat public entre ces deux périodes offrent des parallélismes évidents. Aujourd’hui, on observe une presse, possédée à près de 90% par un petit nombre de milliardaires, dont une partie « bollorisée » est clairement radicalisée, déroulant sans complexe l’agenda politique de l’extrême droite ». Francis Daspe citait également l’existence d’une sorte d’internationale brune d’extrême droite, aussi bien en Europe qu’en Amérique. « Les contradictions internes d’un système capitaliste en recherche perpétuelle, mais inassouvie, de profits démesurés accentue les tensions. Ces possédants sont animés par un esprit de revanche contre les dispositifs qui concourent à une répartition des richesses plus équilibrée : services publics, fiscalité plus redistributive, systèmes de protection sociale solidaires, droit du travail protecteur pour les salariés etc. ».

D’où le déploiement récent, et sans aucun doute à venir encore plus intensément, de quelques séquences politiques sombrant dans l’hystérisation du débat public en vue notamment de l’échéance de 2027. C’est alors le règne sans limites de l’argument d’autorité, de la manipulation et du mensonge. Bref, de la négation de la démocratie.