Les collectivités locales sont appelées à s’engager dans le développement de zones humides filtrantes, en complément des stations d’épuration, afin de protéger durablement nos rivières, nos lagunes et notre littoral. Ces zones sont capables d’éliminer une grande partie des pollutions invisibles qui échappent aux traitements classiques — résidus de médicaments, nicotine, drogues, hormones, pesticides et microplastiques.

Ces écosystèmes naturels, composés de roseaux, de joncs et de sédiments vivants, fonctionnent comme de véritables filtres biologiques. Ils réduisent jusqu’à 90 % de ces polluants tout en produisant une eau plus riche en nutriments essentiels, bénéfique pour les poissons de rivière comme pour les espèces marines du golfe du Lion.

Dans un territoire où les rivières sont fragiles et les lagunes littorales sous pression, les zones humides filtrantes représentent une solution écologique, économique et immédiatement opérationnelle. Elles ne consomment aucune énergie, coûtent peu, restaurent la biodiversité, réduisent les risques d’inondation et renforcent la résilience du littoral.

Les collectivités locales sont encouragées à étudier et à développer ces infrastructures naturelles en complément des stations d’épuration. Une telle dynamique pourrait faire des Pyrénées‑Orientales un territoire pionnier en Méditerranée dans la lutte contre les pollutions émergentes et la protection des milieux aquatiques.

 

Jean Luc Curutchet