
Des vues et des horizons à couper le souffle…
A dire vrai, il n’y a rien à dire sur la commune de Sansa, haut-perchée sur l’ensemble de son territoire entre environ 1 200 et 2 500 mètres d’altitude au-dessus du Conflent, l’une des 226 communes parmi les moins peuplées du département des Pyrénées-Orientales, avec à peine une trentaine de résidents permanents ; loin, très loin derrière les 253 habitants recensés en 1793… En fait si, il y aurait beaucoup à dire, à écrire, à raconter, sur ce magnifique village préféré du Gypaète barbu qui règne en maître des airs sur un patrimoine naturel remarquable à la biodiversité d’exception : deux sites classés « Natura 2000 » et six zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique

…et depuis n’importe où que vous soyez dans le village de Sansa, à vous promener dans les rues, à pied, à bicyclette ou en trottinette, cahin-caha, clopin-clopant, à siroter un drink en terrasse, au balcon ou derrière la fenêtre…

…jusque depuis le banc public « à l’ombre » de cet ours sculptural monumental en bois ciselé (ci-dessus), qui trône sur une placette dans un panorama inestimable, devant le bâtiment qui abrite la mairie mitoyenne de… la nouvelle église* (photo ci-dessous). Cela ne s’invente pas !

Sortie de messe ou sortie de la mairie… ici, à Sansa, seul un mur en pierre, cela va de soi, sépare l’Etat de l’église, et vice-versa (ou plutôt Lycée de Versailles en l’occurrence)…

Le gîte des Garrotxes, en haut du village de Sansa (restaurant et chambre d’hôtes), recommandé par de très nombreux guides, bien au-delà des seules frontières pyrénéennes, est un lieu atypique, unique, où Paul Bonet sera ravi – et vous ravira – de vous servir sa cuisine catalane à l’épée. Son père, au tout-début des années 2000, avait créé en famille La Casa Bonet, Rue du Chevalet, en centre-ville de Perpignan, un lieu convivial et raffiné à la fois… Le temps est passé, Paul s’est éloigné des bruits de la ville et du surtourisme sur le littoral, pour enjamber avec succès d’autres défis et s’installer donc avec son épouse Monica et leur fils là-haut sur la montagne.

Ce jour-là, mardi 18 août… à déjeuner : service à l’épée (22€) ; fidéoa minimum pour deux personnes (20€) ; fromage pur-Sansa (9€)… Nombre de clients avouent dans des post sur les réseaux sociaux avoir découvert « cette merveilleuse adresse », « ce lieu avec vue imprenable sur la montagne » et « sa délicieuse omelette maison », « par hasard », « au cours d’une balade à vélo »…

A première vue, la pierre est l’une des fiertés architecturales du village de Sansa, comme un lien social pour passer d’un habitat à un autre, d’une génération à l’autre, comme un passage de témoin dans l’Histoire locale… un riche passé, sculpté dans une nature généreuse, qui nous invite à exprimer toutes les passions, les nôtres et d’autres, à ne plus courir mais à se poser pour repenser, pour retrouver, un certain attachement aux valeurs oubliées d’un monde qui court de plus en plus vite.

L’humble visiteur qui traverse le village « empierré » de Sansa a l’impression d’entrer dans un théâtre où chaque habitant, acteur de son quotidien, serait quelque part comédien et sculpteur-tailleur de vieilles pierres. On ne peut que s’enthousiasmer dans un tel décor où derrière chaque façade on perçoit aisément la conservation de son âme d’antan et où il fait bon vivre. Même les oiseaux ont un accent rocailleux ; ils ont dû l’attraper plus bas, en allant au moulin del Magre, dans le jardin de Claude Blazi (80 ans le 9 octobre prochain), le dernier des Sansanencs à être né dans le village !
L.M.
*Il y a deux églises à Sansa. L’ancienne date du XIIIe siècle, la nouvelle du XIXe, toutes deux se nomment « Eglise Saint-Jean-Baptiste ».


Même le Christ a trouvé pierre… à sa taille !
