Tribune libre du Collectif Vu à Millas :  Mais où sont passés les repères démocratiques (voire moraux) ? La question de l’étiquette et des stratégies politiques des candidats est-elle un facteur d’abstention des électeurs ? 

#Vu le message de Pierre Bataille et sa suppléante Chantal Bruzi, candidats (LaREM Ensemble) disqualifiés au 1er tour derrière le RN et Nupes. Ils se disent « inquiets » pour les maires des communes alentours de Perpignan car le « RN est largement en tête » ce qui pour eux promet « des lendemains difficiles » (pour qui?) tout en respectant les électeurs, ne donnant pas de consignes de vote et indiquant qu’ils voteront « blanc ».

Pourquoi « inquiets » s’ils votent blanc n’est ce pas priver la NUPES de voix et permettre au RN d’avoir la victoire ?

Le RN n’est pas la peste noire de la Ve République puisque c’est actuellement un parti politique autorisé et considéré comme conforme aux valeurs de la République c’est donc la démocratie (et l’abstention) qui a parlé. Ce qui est inquiétant c’est la non remise en question.

Beaucoup diabolisent le RN mais personne n’ose s’interroger sur la compatibilité réelle des idéologies de ce parti avec les valeurs républicaines. Soit le RN est compatible avec la République (ce qui est le cas aujourd’hui) et là il faut se taire et respecter le résultat des élections et les électeurs (même si on est déçu), soit on ose démontrer la non compatibilité du RN avec les valeurs républicaines et on agit concrètement pour interdire ce parti souvent prétexte à un  » front républicain » stratégique.

Il faut aussi s’intéresser aux causes de l’abstention (52,5% au niveau national et 54,38% dans le département des Pyrénées-Orientales).  Une possible cause de l’abstention est la confusion régnant sur l’étiquette politique des candidats et leur (non) affiliation aux partis qu’ils revendiquent en se présentant aux élections SE (sans étiquette). Prenons l’exemple de notre canton/ circonscription.

–          Pierre Bataille (maire de Fontrabiouse-Espousouille, président de la communauté de communes Pyrénées Catalanes, conseiller départemental des P-O – il a succédé à Jean Castex en juillet 2020) et

–          Chantal Bruzi (conseillère municipale d’opposition de Perpignan, qui siège dans le groupe de l’ex-maire de Perpignan et ancien président de la Métropole, Jean-Marc Pujol (LR/ Les Républicains) tous deux soutenus par

–          Jacques Garsau conseiller départemental sans étiquette qui était à l’origine sur la liste Jean Sol sénateur (LR devenu sans Étiquette pour les départementales) puis une fois élu a quitté Jean Sol pour créer un petit groupe « Les indépendants » en expliquant : «Quant aux départementales j’étais sur la « liste » de Mr SOL et nous avons créé suite aux élections un groupe Indépendant pour pouvoir s’exprimer librement sans aucune contrainte, c’est aussi cela la liberté. » (de ce que l’on comprend ce n’était pas possible sur la liste Plus forts ensemble de Jean Sol qui appréciera d’avoir mené la liste et d’être lâché après l’élection).

Jacques Garsau est aussi maire de Millas sans étiquette pourtant référencé au niveau national comme élu du parti radical (centre droit) dont il affirme avoir mis en « sommeil » son statut de président départemental pour rejoindre en octobre 2021 Horizons le parti créé par Edouard Philippe ex LR devenu ex 1er ministre de Emmanuel Macron ( LREM) dont le parti a finalement rejoint Ensemble ( LREM et Tutti quanti) voir la discussion complète ici https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=484555233472925&id=100057553565998

Olala il faut suivre ! que c’est compliqué et confus ! C’est peut être une des causes  qui participent à l’abstention des électeurs noyés dans un flot d’informations et témoins des revirements stratégiques ou opportunistes des candidats qu’ils n’arrivent plus à comprendre et à situer sur l’échiquier politique.

De manière générale, fini le temps où l’on arborait fièrement le maillot de son équipe et de ses idéologies. Aujourd’hui, la politique semble se muer en marketing où l’électeur est traité comme un consommateur que l’on va étudier pour cibler ses envies et tenter de séduire à tout prix voire même de duper en vue d’obtenir son vote bien loin des idéologies et des fortes convictions. L’objectif étant de se cacher dans la confusion quitte à modifier parfois la sincérité du scrutin puisque les électeurs perdent leurs repères et les informations essentielles tenant à l’affiliation réelle des candidats. C’est ce que semblent percevoir beaucoup de nos concitoyens au regard des résultats de certains scrutins. Même s’ils ont des défauts les partis politiques ont l’avantage d’être un cadre idéologique clair pour les électeurs.

Dixit l’Ouillade, (encore une fois) visionnaire, le 18 mars 2017[i]: « Les élus doivent prendre leurs responsabilités. On ne peut plus faire aujourd’hui de la politique comme sous la IVème République, on ne peut pas avoir un pied ici et un pied là-bas, un pied dedans et un pied dehors, par pur calcul électoraliste, sinon c’est prendre le risque d’écoeurer définitivement les électeurs-rices en les dirigeant vers l’abstention ou les extrêmes de l’échiquier politique.» A méditer.

 Le collectif Vu à Millas.

i]P-O/ Présidentielle 2017 : Jacques Manya, Ségolène Neuville et les autres, vont-ils suivre la courageuse décision du maire de Perpignan ? | Ouillade.eu