Afin de présenter ses observations dans un rapport unique, la Chambre régionale des comptes (CRC) a opéré un contrôle coordonné des comptes et de la gestion de l’établissement public administratif Hérault Culture exploitant du Domaine départemental de Bayssan, et de son propriétaire le département de l’Hérault. Anciennement gérée par l’association « Sortie Ouest », l’activité artistique du Domaine départemental de Bayssan a été transférée en 2017 à Hérault Culture, établissement public créé à la suite de la perte par le département de l’Hérault de la gestion du Domaine d’O situé à Montpellier. Sa mission est de promouvoir une culture accessible à tous. Hérault Culture propose, sur le domaine départemental de Bayssan, une offre artistique portant sur les disciplines du théâtre, de la musique, de la danse et du cirque. Le domaine accueille aussi la médiathèque départementale de l’ouest héraultais, un restaurant, une résidence d’artistes, des espaces de réunions ou de spectacles, et dispose d’un parc arboré et d’une vaste aire de jeux.
Un outil culturel départemental récemment rénové pour un coût de 48 M€
Le département a engagé d’importants travaux achevés en 2021 portant sur la construction d’un amphithéâtre, d’un théâtre, d’un restaurant attenant et la réhabilitation des bâtiments historiques. Une seconde phase concernant des infrastructures de loisirs a été suspendue en partie pour raison budgétaire. La collectivité a consacré près de 48 M€ d’investissement au Domaine de Bayssan entre 2019 et 2025, et ses dépenses de fonctionnement pèsent sur les finances du département pour près de 3 M€ par an.
Un outil culturel sous employé au rayonnement limité
Hormis l’année 2021 marquée par les inaugurations des nouvelles infrastructures, l’activité artistique est faible et en baisse. La fréquentation annuelle reste en deçà des 20 000 spectateurs et le nombre de représentations a progressivement diminué.
Si les ratios d’activité font état de taux de remplissage honorables au regard des plafonds définis, la fréquentation n’est pas à la hauteur des ambitions malgré une tarification accessible et un site agrandi et modernisé. Bien que quelques partenariats aient été noués avec d’autres établissements, l’attractivité est limitée par la concurrence. Enfin, des évènements comme les symposiums de marbre, au-delà des irrégularités relevées, sont emblématiques d’un manque de clarté sur les objectifs attendus.
Un avenir compromis si le modèle économique n’évolue pas
L’établissement public Hérault Culture, passé en 2023 de la forme industrielle et commerciale (EPIC) à la forme administrative (EPA), est présidé par le président du conseil départemental. Sa mission de service public, qui consiste à donner accès à la culture à tous les publics à des tarifs adaptés, est financée essentiellement via une subvention départementale. Malgré une diminution de la subvention, le résultat de l’établissement reste à l’équilibre, mais c’est essentiellement en raison de réserves financières accumulées pendant la crise sanitaire. Si des efforts sont aujourd’hui consentis pour maîtriser les dépenses, ils portent surtout sur les coûts artistiques, c’est-à-dire les dépenses afférentes à la raison d’être de l’établissement, alors même que leur part était déjà relativement limitée dans le budget global. Avec des charges fixes lourdes, une offre artistique en baisse et une fréquentation faible, le modèle économique du Domaine de Bayssan apparaît compromis s’il n’évolue pas.
Des réflexions structurantes sur l’ouverture de la gouvernance ou sur la question de l’identité du site mériteraient d’être engagées. Une ligne stratégique claire est en effet primordiale pour son attractivité et son rayonnement.
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