(Communiqué)

 

« Extension de Saint-Charles : une opacité « malaisante »…
Le projet d’extension de la plateforme logistique de Perpignan Saint-Charles est entaché d’un grave déficit démocratique. L’opacité y régnant en la matière peut alimenter un sentiment de malaise.
L’enquête publique dans le but de réaliser une modification partielle du Plan Local d’Urbanisme (PLU) de Perpignan a été lancée dans la précipitation et en catimini par la communauté Urbaine Perpignan Méditerranée Métropole. Comme si en la matière l’urbanisme se gérait dans l’urgence. Comme si l’avis des habitants ne comptait pas. Aucune explication n’était donnée sur le caractère urgent de la vente de trois hectares de terrain, même s’il était possible d’en déduire que c’était pour l’extension de Saint-Charles.
Cette précipitation a même poussé la communauté urbaine à définir les dates de l’enquête publique avant même la fin du délai légal permettant aux Personnes Publiques Associées (PPA) de répondre. La première annonce légale a été publiée le 4 octobre 2022, les PPA pouvaient donner un avis jusqu’au 7 octobre.
De plus, situation particulièrement ubuesque quand on sait que ce projet de révision du PLU lancé en juin 2021 était censé s’appuyer sur une étude appelée programme Saint-Charles 2020-2040 qui n’était alors même pas lancée ! Cette étude de Saint-Charles 2020-2040 n’a été rendue qu’en juin 2022 ! Et que celle-ci n’a toujours pas été publiée ni fait l’objet d’aucune présentation publique ! Sans doute un prétendu sens de l’anticipation ou même de la divination ?
Autre bizarrerie, ce projet conduit à renforcer l’effet conurbation dans la logique d’une métropolisation accrue. Le SCOT Plaine du Roussillon (Schéma de cohérence territoriale) est censé limiter cet effet conurbation. Or, le SCOT Plaine du Roussillon s’est retrouvé aux abonnés absents dans cette séquence. Il n’est peut-être pas inutile de rappeler que le président du SCOT* est aussi l’élu responsable de la gestion de la modification du PLU. Et encore moins inutile de rappeler que le SCOT s’impose au PLU en cas d’opposition des objectifs et des conséquences potentielles…

Le Conseil Régional et le Conseil Départemental ont d’ailleurs donné un avis « réservé », ce qui pourrait impacter le projet avec le refus possible du Conseil Départemental de réaliser un rond-point sur la RD-900a, voie d’accès prévue pour les camions.
Décidément, les élus communautaires ont choisi l’opacité totale comme mode de gouvernance. C’est le cas par exemple d’un projet similaire bien plus conséquent à Rivesaltes, dans la zone du Mas de la Garrigue, pour lequel personne ne peut dire si les terrains ont été déjà vendus, y compris les élus.
Les mirages de la monoculture de la logistique aboutissent à un projet mal pensé, mal ficelé, et à quoi s’ajoute une opacité de mauvais aloi ».

 

 

Francis Daspe, animateur de groupe d’action La France Insoumise / NUPES
Philippe Poisse, militant écologiste NUPES

 

*Jean-Paul Billés, maire de Pézilla-la-Rivière, est le président du SCOT Plaine du Roussillon… et de la gestion de la modification du PLU au sein de PMM.