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Perpignan/ Inauguration ce jour du festival Visa pour l’Image : « Bienvenue dans les Pyrénées-Orientales ! »

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Louis Aliot, maire de Perpignan, lors de son discours inaugural ce samedi 29 août matin de l’édition 2026 du festival Visa pour l’Image Perpignan

 

 

Ci-dessous l’intégralité du discours prononcé par Louis Aliot (RN), maire de Perpignan, après les remerciements à Jean-François Leroy, créateur du festival, remerciements également aux équipes techniques pour la qualité du travail et un mot sur les lieux qui, cette année encore, prêtent leurs murs à ce festival : « Le Couvent des Minimes en reste le cœur battant, mais notre ville s’ouvre bien au-delà : l’Église des Dominicains, la Caserne Gallieni, l’Ancienne Université, l’Hôtel Pams, ou encore la Chapelle du Tiers-Ordre accueillent chacun une part de cette mémoire du monde que les photographes viennent déposer chez nous. C’est toute la richesse patrimoniale de Perpignan qui se met, l’espace de quelques semaines, au service du regard et de l’information »

 

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Mesdames et Messieurs,

 

 

Bienvenue dans les Pyrénées-Orientales ! 

 

C’est avec une émotion particulière que nous nous retrouvons aujourd’hui à Perpignan pour ouvrir une nouvelle édition de Visa pour l’Image.

Je veux saluer une nouveauté de cette édition : pour la première fois, la Loge de Mer ouvrira ses portes au public, pour accueillir l’exposition que Le Figaro consacre à ses deux cents ans d’histoire. Voir ce monument emblématique de notre ville accueillir l’histoire d’un des plus anciens et prestigieux journaux français, c’est une belle rencontre entre notre patrimoine et celui de la presse.

– Remerciement aux équipes techniques pour la qualité du travail.

Depuis tant d’années, ce festival constitue un rendez-vous singulier. Pendant quelques jours, notre ville devient l’un des lieux où le monde vient à notre rencontre. Non pas le monde simplifié des formules rapides, des commentaires instantanés ou des récits convenus, mais le monde tel que des femmes et des hommes sont allés le voir, parfois dans des conditions extrêmes, parfois au péril de leur vie, afin de nous permettre de comprendre ce que nous n’aurions jamais vu sans eux. Et rendons leur hommage.

Et ce monde, en cette année 2026, ne nous laisse guère le choix de l’insouciance.

Il est traversé par des guerres qui durent, par des sociétés qui se déchirent, par la montée des fanatismes, par l’exil de populations entières, par des violences dont certaines occupent chaque jour nos écrans tandis que d’autres, parce qu’elles se prolongent dans le temps ou parce qu’elles se déroulent loin de nous, finissent par disparaître de notre attention.

C’est précisément contre cette disparition de l’attention que le photojournalisme continue de se battre.
Nous vivons dans une époque saturée d’images. Jamais l’humanité n’en a produit autant, jamais elles n’ont circulé aussi vite, jamais nous n’avons eu accès, en quelques secondes, à autant de fragments du monde. Et pourtant, cette abondance ne nous garantit ni la connaissance, ni la compréhension, ni même parfois la vérité.

Une image peut bouleverser, émouvoir, indigner. Mais elle peut aussi être détournée, manipulée, sortie de son contexte et utilisée au service d’un récit qui n’est pas celui de la réalité. Désormais, avec le développement de l’intelligence artificielle, elle peut même être entièrement fabriquée tout en conservant l’apparence du vrai.

George Orwell avait imaginé, dans son magnifique ouvrage 1984, une société dans laquelle le pouvoir ne se contentait pas de contrôler les hommes : il prétendait contrôler leur mémoire, modifier les récits et imposer sa propre version de la réalité.
Ce qui relevait alors de la fiction doit aujourd’hui nous interroger. Non pas parce que nous vivrions dans le monde d’Orwell, mais parce que la possibilité même de fabriquer des images, des sons et des récits d’une apparente authenticité donne une force nouvelle à une vieille ambition : celle de contrôler ce que les autres croient avoir vu.

Cette année encore, les photographes nous conduisent au cœur des grandes fractures de notre temps.

En Afghanistan par exemple ou les violences ne prennent pas la forme spectaculaire des bombardements ou des combats.
Certaines s’installent plus silencieusement dans la vie quotidienne. Elles ferment les écoles, réduisent les libertés, limitent les déplacements et finissent par décider, à la place des femmes et des jeunes filles, de ce que devra être leur existence.

Bien sûr, la pauvreté existe. Bien sûr, les guerres passées, l’effondrement économique et l’absence de perspectives conduisent parfois des familles à des choix tragiques. Mais il serait trop facile, et même intellectuellement malhonnête, de tout expliquer par la pauvreté.

Il faut aussi avoir le courage de nommer l’idéologie islmaiste qui est à l’œuvre, qui s’étend, qui infiltre et tente de se banaliser par les actions commerciales ou financières.

Lorsqu’une jeune fille voit son enfance interrompue parce que son avenir a été décidé par d’autres, lorsqu’elle est privée d’éducation ou qu’un mariage lui est imposé trop tôt, nous ne pouvons pas nous contenter de mots rassurants sur la pauvreté ou les différences culturelles.
Aucune tradition ne justifie que l’on retire à une enfant son avenir.
Aucune religion ne devrait servir de prétexte à l’enfermement.

Aucune idéologie ne peut légitimement décider, à la place d’une femme, de ce qu’elle est autorisée à devenir.

Jean Jaurès disait : « Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire. »

Cette phrase devrait nous accompagner, elle a été oubliée par beaucoup, car chercher la vérité exige de regarder les faits, et les dire exige parfois de nommer des réalités qui dérangent, sans haine et sans caricature, mais sans lâcheté non plus.

Cette exigence nous conduit également Syrie, terre ancienne, complexe et profondément diverse, où des communautés de langues, de cultures et de religions différentes ont façonné une histoire commune.

Parmi elles, les chrétiens d’Orient occupent une place particulière.

Ils ne sont pas des étrangers sur cette terre. Les communautés chrétiennes de Syrie sont présentes depuis les premiers siècles du christianisme, bien avant l’apparition de l’islam ; elles appartiennent à l’histoire même de cette région et à ce patrimoine spirituel, culturel et humain que nous avons tous le devoir de protéger. Car une communauté ne disparaît pas toujours dans un massacre. Elle peut disparaître lentement, par l’exil, par la peur, par l’impossibilité de transmettre sa culture et ses traditions, ou par la difficulté croissante à vivre librement sa foi.

Visa pour l’Image me semble t-il n’est pas là pour nous dire ce que nous devons penser. Il est là pour nous obliger à regarder ce que nous ne pouvons pas ignorer. Mais regarder ne signifie pas renoncer à son esprit critique. Regarder, c’est aussi contextualiser, comparer les récits, entendre plusieurs voix et refuser que la souffrance humaine devienne l’instrument d’une cause ou d’une propagande.

C’est peut-être aujourd’hui l’une des missions les plus importantes du journalisme : défendre les faits sans renoncer à la complexité. Car une image seule peut bouleverser, mais une image expliquée, vérifiée et replacée dans son histoire peut nous aider à comprendre.

Alexandre Soljenitsyne nous a laissé, face au totalitarisme communiste et au mensonge, une exigence morale dont la force demeure intacte : ne pas vivre dans le mensonge.

Cette exigence résonne avec une acuité particulière dans notre époque. Car le danger n’est pas seulement que l’on nous mente. Le danger est qu’à force de mensonges, de manipulations et d’images fabriquées, nous finissions par ne plus savoir à quoi croire ; qu’une véritable photographie puisse être mise en doute parce que nous savons désormais produire de faux témoignages visuels ; que le doute lui-même devienne, paradoxalement, une arme dirigée contre la vérité.

C’est pourquoi nous avons besoin de ce festival.

Nous avons besoin d’une information pluraliste, de rédactions indépendantes et de journalistes capables de résister à la facilité du récit unique. Vaste sujet.

Le débat n’est pas l’ennemi de la démocratie. La confrontation des idées n’est pas une menace. Ce qui menace une démocratie, c’est la disparition progressive des faits, la propagande qui se présente comme de l’information et l’indifférence qui nous gagne lorsque les tragédies se répètent jusqu’à devenir presque ordinaires.

Visa pour l’Image nous rappelle que le monde ne se limite pas à ce qui retient notre attention pendant quelques jours. Il y a les guerres dont chacun parle et celles que l’on oublie. Il y a les victimes dont nous connaissons les noms et celles qui disparaissent dans les statistiques. Il y a ceux qui ont la possibilité de raconter leur histoire et ceux dont la voix ne peut parvenir jusqu’à nous que parce qu’un journaliste a décidé d’aller à leur rencontre.

C’est là, sans doute, la grandeur et la nécessité du photojournalisme : donner un visage à ce qui, sans lui, resterait abstrait ; rendre une histoire à ceux que la guerre, la misère ou la violence risquent de réduire à un simple chiffre ; nous rappeler, enfin, que derrière chaque événement se trouve toujours une vie humaine.

Alors, pendant les jours qui viennent, je souhaite que nous prenions le temps de regarder ces images avec l’attention qu’elles méritent.
Car c’est ainsi que nous défendrons la liberté de l’information. C’est ainsi que nous préserverons notre capacité à distinguer les faits des récits qui prétendent les remplacer. Et c’est ainsi que, dans un monde de plus en plus tenté par la facilité, nous continuerons à faire de la vérité non pas un slogan, mais une exigence.

Je vous souhaite à toutes et à tous une très belle édition de Visa pour l’Image.

 

Louis Aliot, maire de Perpignan, président de la communauté Urbaine Perpignan Méditerranée Métropole (PMM)

 

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André Bonet, adjoint de la Ville de Perpignan délégué à la Culture et à la Catalanité, Louis Aliot, maire de Perpignan, Pierre Regnault de la Mothe, préfet des P-O, les députées Sophie Blanc (1re circonscription des P-O) et Michèle Martinez (IVe circonscription des P-O).