En ces temps de douceur climatique d’exception, Collioure ne s’endort (presque) jamais… Sur la plage, dans les ruelles, autour du clocher, sur un banc public au pied du non moins célèbre Château Royal, sur le pont d’un voilier ancrée dans la prestigieuse baie… il y a toujours quelqu’un, une ombre, une guitare, une bouteille (de champagne) à la mer, qui scintillent dans le miroir dessinée par la Méditerranée. Magique, tout simplement !

 

Ce soir-là, à l’heure apéritive, un détail de la promenade : au Café Sola de Laurent Puigsarbé, juste à l’entrée du centre-historique de Collioure, sur la gauche avant le pont qui permet de franchir la rivière Le Douy, on s’agite autour d’une œuvre (et de plusieurs verres) pour montrer “l’arme du crime” : un tableau qui s’est soudainement détaché d’un pan de mur de l’établissement, dans la véranda, et qui dans sa chute faillit ensuquer une légende locale immortelle, Raiko, lequel pendant des lustres a fait la pluie et le beau temps au Petit-Café. Fort heureusement, la toile a atterri sur son épaule avant de plonger sur la table. Plus de peur que de mal. Ouf ! Merci Seigneur.

 

Ce soir-là, aux Templiers, autre lieu mythique et emblématique de Collioure, où le moindre des inconnus devient très vite une célébrité incontournable, on fêtait la fin du match (et la Victoire) de l’USAP qui venait de manger (du) Lyon lors d’une rencontre en championnat de rugby (Top 14). Un show très chaud, en présence de touristes médusés pour lesquels, souvent, les règles de l’Ovalie restent autant mystérieuses que l’existence du yéti, aussi inaccessible que la femme-poisson qui soi-disant rode dans la baie les soirs de pleine lune… Mais l’ambiance est là, c’est l’essentiel.

Patrick, à la barre de la “barque” des Templiers (jusqu’aux 28 janvier 2023) et Aziz. L’un et l’autre sont entrés dans l’équipage en simples matelots, en 1986 – trente-six chandelles déjà !-, le premier en qualité de plongeur, le second dans les cuisines également. Une amicale complicité qui a permis de faire rayonner les lieux au-delà de leur récit artistique et culturel d’exception, une hostellerie familiale de très grand renom (toujours propriété de la famille Pous) où se sont attablés notamment les “fauves” : un mouvement pictural né en France au début du XXe siècle, dans lequel les artistes (Derain, Dufy, Matisse, de Vlaminck…) de ce mouvement, le “fauvisme”, privilégiaient les qualités picturales aux formes simplifiées et aux contours très marqués, ainsi qu’une utilisation de la couleur forte en ayant recours à de larges aplats de couleurs pures et vives, voire violentes… Ces artistes revendiquaient alors “un art fondé sur l’instinct”. Nous reviendrons dans une prochaine édition sur le départ historique de Patrick Palacio.

Ci-dessus. Le fameux four à pizza du restaurant L’Amphitryon, à Collioure, dans le quartier du Faubourg, avec terrasse les pieds dans l’eau face au célébrissime Château Royal. Christophe Trupiano n’est pas peu fier – et on ne le serait pas moins à sa place – de présenter ce monumental et insolite outil culinaire qui lui a permis de servir tout l’été les meilleures “napolitaines” de la Côte Vermeille ! Et ce sont les guides gastro-touristiques qui le disent, en l’écrivant noir sur blanc, avec des détails culinaires aromatisés d’une cuisine de terroir qui vous mettent les vins de “aqui” à la bouche !

La séduisante et si sympathique Virginie – fille des ex-restaurateurs Thérèse et Richard, célèbres colliourencs unanimement appréciés -, et son époux Christophe. L’Amphitryon fermera ses portes, pour tourner la page de la saison 2022, dimanche prochain 6 novembre, après le service du soir… Des vacances bien méritées commenceront alors pour eux et leur belle équipe, alors que s’achèveront celles de la Toussaint. Ainsi va la vie des uns et des autres.

 

Sur la place de l’ancienne mairie, la fête continue, sur le thème d’Octobre Rose.