10 % de participation. Aucune option au-dessus de 47 %. Ramené aux inscrits, le nom vainqueur pèse 4,7 % du corps électoral, le deuxième 4,2 %. On nous promettait une vague identitaire : c’est une flaque. Que chacun en tire les conséquences avant de nous expliquer ce que veut « le peuple catalan »
Neuf électeurs sur dix ont eu mieux à faire, et ils ont eu raison. Pendant qu’on débattait d’un nom sur un en-tête, ce département a continué de faire partie des plus pauvres de France, avec un chômage record et des jeunes qui partent.
Le nom administratif est tranché. Très bien. Reste la seule question qui rapporte de l’argent : sous quelle bannière ce territoire se vend-il aux visiteurs ? Et là, il faut dire les choses. Estampiller la destination « Pays catalan », c’est envoyer le client droit sur Barcelone et la Costa Brava, qui portent cette identité depuis quarante ans avec des moyens sans commune mesure avec les nôtres. Nous paierions une campagne pour un concurrent situé à cinquante kilomètres. Aucune entreprise saine ne ferait ça.
Une marque de destination ne se vote pas et ne se décrète pas en conseil départemental. Elle se construit à partir de ce que le client cherche, et le client cherche une mer et une montagne. Pyrénées Méditerranée dit exactement cela, en une seconde, dans toutes les langues d’Europe.
Dernière chose. Sur ce dossier, personne n’a demandé leur avis à ceux qui remplissent les chambres, paient la taxe de séjour, emploient les saisonniers et vivent ou meurent de la fréquentation. Les professionnels du tourisme sont le premier employeur privé de ce département. Qu’on les écoute une fois, on gagnera dix ans.
*Brice Sannac, président de l’Union des Métiers de l’Industrie Hôtelière des Pyrénées-Orientales (l’UMIH66)
